Les achats en ligne explosent chaque année — et avec eux le nombre de colis expédiés en période de fêtes. En France, le e-commerce représentait déjà une part importante du commerce de détail (≈14 % en 2021) et le volume d’activité est estimé à environ 1 milliard de colis par an, générant de l’ordre de 1 million de tonnes de CO₂ selon l’ADEME. Ces chiffres permettent de mesurer l’ordre de grandeur du phénomène : chaque Noël, la pression sur les transports, l’emballage et la logistique augmente fortement.
Impacts principaux identifiés par l’ADEME
- Émissions de gaz à effet de serre (GES) : l’ADEME rappelle que la logistique (transport de marchandises, stockage, emballages et déplacements associés) représente une part importante des émissions nationales — la filière logistique est estimée aujourd’hui environ 16 % des émissions françaises. Les livraisons « dernier kilomètre » et les retours pèsent particulièrement sur le bilan. Source
- Sur-emballage et volume inutile : en moyenne, on constate jusqu’à ~50 % de vide dans les colis — du volume transporté inutilement qui augmente le nombre de véhicules nécessaires et donc les émissions.
- Retours et flux inverses : près de la moitié des e-consommateurs déclarent avoir déjà renvoyé un colis « parfois » (problèmes de taille, attentes non satisfaites…) — les retours multiplient les trajets et l’impact environnemental du produit. Source
- Fêtes et surconsommation : l’ADEME a étudié les impacts spécifiques des fêtes (cadeaux, alimentation, déplacements, décorations, déchets) et rappelle que les cadeaux représentent un poste significatif d’impacts quand ils sont mal choisis, sur-emballés ou jetés. Source
D’autres conséquences à ne pas négliger
- Conditions de travail : les pics de commande Noël entraîne des rythmes intensifs pour les travailleurs de la logistique et les plateformes, avec des emplois précaires et temporaires.
- Externalisation des coûts : la vitesse et la gratuité apparente des livraisons masquent des nuisances (pollution locale, nuisance sonore, congestion …) supportées par les collectivités et les riverains.
- Inégalités territoriales : la distribution « efficace » profite d’abord aux zones denses ; en zones rurales, la desserte reste plus coûteuse et polluante par colis. (Synthèse ADEME sur la logistique et l’e-commerce).
Avant d’acheter
- Prioriser l’achat local ou le retrait en magasin (click & collect) quand c’est possible, mutualisation des déplacements et soutien à l’économie locale. L’impact varie selon le produit et le mode de livraison ; le retrait en point relais ou magasin est souvent moins impactant que la livraison à domicile si celui-ci nécessite un trajet dédié.
- Acheter utile, durable et de seconde main : privilégier la qualité, les cadeaux réparables, l’occasion. L’ADEME propose des pistes pour « donner du sens » aux fêtes.
Au moment de la commande
- Regrouper les achats pour réduire le nombre de colis (et donc de trajets).
- Choisir des options de livraison à moindre empreinte : point relais, livraison groupée, plages de livraison optimisées plutôt que livraison express le lendemain (qui favorise des circuits plus émissifs).
Emballages et retours
- Favoriser les e-commerçants qui limitent l’emballage et utilisent du réemploi/recyclé
- Limiter les retours : bien vérifier les tailles, les descriptions pour réduire les retours qui multiplient l’impact.
Calculateur impact colis : https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/evaluer-son-impact/calculer-impact-achats/calculez-impact-livraison-colis

